Non, pas si vous pêchez depuis un bateau charter agréé. Un charter exploité comme navire commercial de passagers détient une licence collective de pêche de loisir qui couvre toutes les personnes à bord : un client n’a donc jamais besoin d’acheter un permis personnel pour une sortie au départ de la Costa del Sol, de Cadix ou du détroit de Gibraltar. Ce qui a changé le 20 mars 2026, c’est une obligation distincte : la déclaration des captures via une application baptisée PescaREC. Elle piège les visiteurs qui ont lu un vieux guide et s’en sont tenus là.
La réponse courte
Vous n’avez pas besoin de votre propre permis pour pêcher depuis un charter agréé dans les eaux espagnoles. La licence collective du bateau, obtenue et payée par l’exploitant, couvre chaque client à bord pendant la sortie. En Andalousie, il s’agit de la licence de classe 3, délivrée par la Junta de Andalucía (le gouvernement régional andalou) uniquement aux navires inscrits sur le registre des bateaux de passagers à usage commercial, la « lista sexta ». Rien de cela n’a changé en 2026. Ce qui a changé, c’est ce qui se passe après la capture de certains poissons.
Ce qu’est vraiment PescaREC
PescaREC est l’application officielle du gouvernement espagnol pour la pêche de loisir en mer. Elle est gérée par la Secretaría General de Pesca, le secrétariat général à la pêche qui dépend du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (MAPA). Le Real Decreto 214/2026, un décret royal publié le 19 mars 2026 et entré en vigueur le lendemain, en a fait le passage obligé pour deux démarches : demander les autorisations spéciales exigées pour certaines espèces, et déclarer les captures des espèces soumises à des mesures de protection différenciées, quel que soit l’endroit des eaux espagnoles où elles ont été prises. La date de lancement de janvier 2026 que l’on voit encore citée en ligne n’était qu’une estimation, qui a glissé.
Trois points prêtent à confusion. D’abord, PescaREC est une obligation de déclaration, pas un permis. Installer l’application ne remplace pas une licence, et l’application refuse d’ailleurs toute inscription sans licence. Ensuite, l’obligation incombe au titulaire de la licence ou à son représentant, et la déclaration doit être faite dans les 24 heures qui suivent la fin de l’activité de pêche, pas au ponton. Enfin, tous les poissons ne sont pas à déclarer. La liste qui figure en annexe du décret couvre les espèces que l’Espagne gère avec une attention particulière, parmi lesquelles le bar, le lieu jaune, la dorade rose, la coryphène et le thon rouge. Une daurade ou un maquereau pris au large de Marbella ne passe pas par l’application.
Sur un charter, c’est la licence collective du bateau qui est enregistrée : en pratique, l’exploitant s’occupe donc de la déclaration pour la sortie. Un bateau sérieux vous le dira sans que vous ayez à le demander. Si un capitaine ne vous a jamais parlé de PescaREC, posez la question avant de partir, pas après.
Le thon rouge, l’espèce sur laquelle il faut poser la question
Si c’est le thon rouge qui motive votre réservation, sachez que les règles sont plus strictes que pour toute autre espèce, et qu’elles ne correspondent pas à ce qu’attendent la plupart des visiteurs.
En Espagne, la pêche de loisir du thon rouge se pratique exclusivement en no-kill, c’est-à-dire avec remise à l’eau systématique. Il n’existe aucune saison de conservation pour les pêcheurs de loisir. Un bateau qui veut cibler le thon rouge a besoin d’une autorisation spécifique de l’État en plus de sa licence, demandée via PescaREC et conservée à bord, et il ne peut pêcher que pendant la période fixée chaque année par la Secretaría General de Pesca. Pour 2026, cette période allait du 16 juin au 14 octobre. L’Espagne réserve bien un petit quota à la pêche de loisir, mais il sert uniquement à comptabiliser les poissons morts accidentellement lors d’une pêche no-kill autorisée, avec des limites strictes par bateau et par saison, une notification préalable et une déclaration sous 24 heures.
Ce qui compte pour votre réservation : en 2026, la pêche de loisir du thon rouge a fermé de manière anticipée. La Secretaría General de Pesca a signé la fermeture le 23 juin 2026, avec effet le 24 juin à 23 h 59, le quota ayant été épuisé dès les neuf premiers jours. À partir de ce moment, la pêche dirigée du thon rouge, le no-kill, la détention à bord et le débarquement de thon rouge ont tous été interdits aux navires de plaisance pour le reste de l’année. Un charter qui propose une sortie au thon rouge en Espagne à l’automne 2026 pêche donc autre chose, ou pêche de l’autre côté de la frontière.
La bonne question à poser à un exploitant de la Costa del Sol ou du Détroit n’est donc pas « faut-il un permis pour le thon ? », mais « votre bateau a-t-il l’autorisation thon rouge, la pêche est-elle ouverte le jour prévu, et s’agit-il d’une sortie en no-kill ? ». La réponse détermine ce que la sortie a légalement le droit de faire, et aucune fiche d’annuaire généraliste ne vous la donnera, parce qu’elle dépend du bateau précis que vous réservez et d’une date de fermeture qui change chaque année.
Quand la réponse est différente
L’exemption accordée aux charters couvre les sorties avec skipper et les sorties guidées. Elle ne couvre pas :
- La pêche depuis votre propre bateau ou un bateau loué sans skipper. Si vous prenez un bateau privé plutôt qu’un charter avec skipper, il vous faut votre propre licence de pêche de loisir en mer, délivrée par l’autorité régionale. En Andalousie, c’est la licence de classe 2 pour la pêche embarquée, délivrée par la Junta de Andalucía.
- La pêche du bord. Un pêcheur à terre a besoin de la licence de classe 1, qui fait l’objet d’une demande séparée.
- La chasse sous-marine. Elle relève de la licence de classe 4, avec ses propres conditions d’âge, de certificat médical et de zones.
- Les eaux de Gibraltar. Dès que votre sortie entre dans les eaux territoriales britanniques de Gibraltar, les règles espagnoles et PescaREC ne s’appliquent plus. Voir la section suivante.
Chaque région délivre sa propre licence, et c’est une licence andalouse qu’il vous faut sur la Costa del Sol et à Cadix. Les sorties au départ des îles Canaries relèvent quant à elles de la licence du gouvernement canarien.
Pêcher depuis Gibraltar plutôt que depuis l’Espagne
Le Détroit est partagé entre deux juridictions, et une grande partie de la confusion sur ce marché vient de pêcheurs qui pensent que les règles espagnoles s’appliquent de l’autre côté de la frontière. Ce n’est pas le cas. La pêche dans les eaux territoriales britanniques de Gibraltar est réglementée par le Department of the Environment, le service de l’environnement du gouvernement de Gibraltar, qui délivre ses propres permis, de la classe A à la classe K, pour tout, de la pêche à la canne aux exploitants de pêche sportive.
Sur le thon rouge, les deux rives sont presque à l’opposé. Gibraltar ouvre une saison avec conservation des prises, dans le cadre de son propre quota ICCAT (la commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique). Pour 2026, le Department of the Environment a ouvert la saison le 16 juin, avec une première période jusqu’au 25 juillet et une seconde du 6 août au 14 octobre, sous réserve que le quota ne soit pas épuisé. Pêcher le thon rouge exige une licence de classe K, la limite est d’un poisson par jour par titulaire de licence et par bateau, la taille minimale est de 30 kg et 130 cm à la fourche, et chaque poisson doit être déclaré et pesé au poste de débarquement désigné sur le North Mole, la grande jetée nord du port. Un charter de Gibraltar titulaire de la licence peut donc débarquer un thon la même semaine où un bateau espagnol, à quelques milles de là, n’a même pas le droit d’en pêcher un.
Si votre sortie part de La Línea, ou d’ailleurs côté espagnol, mais pêche dans les eaux de Gibraltar, ou l’inverse, demandez à l’exploitant quelle licence et quelles règles couvrent cet itinéraire. C’est exactement le genre de détail qui change d’un bateau à l’autre et qu’aucun annuaire ne mentionne, parce qu’il dépend de l’endroit où un bateau donné est immatriculé et autorisé, et non du port d’où il se trouve partir.
Ce dont votre capitaine s’occupe
Sur un charter bien tenu, la question du permis ne devrait presque pas se poser le jour J. Avant la réservation, un bon exploitant peut vous dire clairement :
- Si la licence du bateau et, le cas échéant, son autorisation thon rouge couvrent ce que vous espérez prendre.
- Si la déclaration PescaREC est faite par l’équipage ou s’il vous demandera de la confirmer.
- Ce que deviennent vos prises : gardées, relâchées, partagées ou levées en filets à emporter.
Les exploitants qui indiquent tout cela sur leur annonce plutôt que de le laisser pour un échange de messages en disent souvent long sur la façon dont le reste de la sortie est organisé. Sur Reelzy, vous pouvez poser la question directement au capitaine dans le chat de l’annonce avant de réserver, c’est le moyen le plus rapide de trancher.
Les bateaux qui pêchent actuellement sur la côte espagnole figurent sur la page des charters de pêche en Espagne. Sur la Costa del Sol, Pesca en barco en Marbella embarque jusqu’à neuf passagers au départ de Marbella, et à Málaga, La Faeton Blue Marlin organise des sorties pour des groupes de douze personnes maximum. Côté Gibraltar, Blue Horizon Tuna Fishing Gibraltar est un bateau de quatre passagers équipé pour la saison du thon, et le même exploitant propose une sortie de pêche au petit gros pour les mois où le thon est fermé. La liste complète pour le Rocher se trouve sur la page des charters de pêche à Gibraltar.
Avant de réserver
- Vérifiez que la sortie est un charter avec skipper sur un bateau agréé, et non une location sans skipper : l’exemption de permis ne s’applique qu’au premier cas.
- Demandez dans quelle juridiction le bateau est licencié, Espagne ou Gibraltar, surtout si la sortie pêche près de la frontière.
- Si le thon rouge est votre cible, demandez si le bateau détient l’autorisation, si la pêche est ouverte à votre date, et si la sortie est en no-kill (toujours, en Espagne) ou avec conservation (possible à Gibraltar, dans les limites fixées).
- Demandez qui fait la déclaration PescaREC pour la sortie, et ce que l’on attend de vous si une espèce de la liste protégée est capturée.
- Si vous comptez pêcher depuis un bateau loué sans skipper, demandez la licence de classe 2 de la Junta de Andalucía bien avant le voyage. Cela ne s’obtient pas le jour même.
La technique la plus courante sur ces sorties
La plupart des charters de la Costa del Sol et du Détroit qui ciblent le thon et les autres espèces pélagiques pratiquent la pêche à la traîne : des leurres ou des appâts tirés derrière le bateau en mouvement, le long de lignes de courant connues. C’est la méthode pour laquelle la plupart des bateaux de cette flotte sont équipés, et il vaut la peine de demander avant de réserver s’il s’agit d’une journée de traîne ou d’une journée de pêche au fond, car le matériel et le rythme ne sont pas les mêmes.
Prêt à partir ?
Pour les règles à la source : le texte du Real Decreto 214/2026 est publié au BOE, le journal officiel espagnol, le MAPA tient une FAQ sur la pêche de loisir en mer, la Junta de Andalucía publie ses informations sur les licences, et les exigences de Gibraltar en matière de permis figurent sur la page des permis de protection marine du gouvernement de Gibraltar. Consultez ces sources avant de partir : les règles de pêche de loisir ont changé plus d’une fois en deux ans des deux côtés du Détroit, et la date de fermeture du thon rouge diffère à chaque saison.
Pour parcourir les bateaux plutôt que les règles, consultez la liste complète des charters de pêche en Espagne, la flotte de la Costa del Sol basée autour de Marbella et de Málaga, et les charters de Gibraltar qui pêchent dans le Détroit lui-même.

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